[Perros-Guirec 2010]

Les interviews des lauréats présents lors du festival!!
La distance ayant eu raison des autres et aussi peut être un certain volcan islandais ?





Le Premier prix : Isabelle

Après les honneurs de la presse locale, les honneurs des Coinceurs!






2ème Prix:Christelle

Et vivent les Coinceurs de Bulles!!!






Prix Coup de Coeur:Philip

Expérience et Passion!







Prix du Scénario:FlorianFun et Manga!

[Dossier]

L'art de... Le Tendre

De quoi méditer sur le métier de scénariste.






Le travail de l'atelier
L'atelier BD "planche" sur un projet ambitieux... On vous promet du nouveau sous peu!!!

[Lydie]

Commencer une critique par un MERCI est un peu exagéré, me direz vous? Et pourtant, c'est bien le mot que j'ai envie de dire aux auteurs inspirés de ce très bel album.
J'avais feuilleté un album collectif ( La vieille dame qui n'avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien ) du même auteur pour lequel j'avais flashé. On y retrouve d'ailleurs très justement le comparse de l'heure.
La même qualité marque Lydie.


L'histoire, vous la trouverez sur le site de l'éditeur (http://dossiers.dargaud.com/lydie/index.html), alors je ne vais pas la recopier ici.

Contentons nous de la critique de la marmotte coinceuse!

En tant que Maman Marmotte, je ne voulais pas me plonger dans cet album, peur de la démonstration autour de la mort d'un enfant.
Mais, je ne regrette pas d'avoir franchi l'obstacle psychologique!

Le scénario est impeccable. Très bien dosé entre émotion, légèreté et gravité de la vie, il sait nous tenir jusqu'à la fin de cette histoire triste et joyeuse à la fois. Jamais l'on ne passe dans le registre du larmoyant facile. Non, tout est très finement dosé.Les larmes viennent aux yeux mais on ne sait plus si c'est de la tristesse ou de la joie de voir vivre cette mère et ce quartier uni autour d'elle.
Quant au dessin ? Impeccable aussi!! Rien à redire. Trait précis, couleurs fraîches.

Pour une marmotte fainéante, quel plaisir d'écrire critique aussi aisée!

Alors, encore Merci messieurs Zidrou et Lafebre.

[L'encre du passé ]

Cette BD n'est pas seulement destinée aux amateurs de l'Asie et de la culture japonaise : une ode à la vie souffle entre les cases de cet album.
L'histoire s'intéresse aux relations maître-elève entre un vieux peintre quelque peu déprimé et une jeune fille très douée en peinture qui
ne sait pas trop où se chercher.
Leur rencontre opportune va sceller deux destinées.
Celle du Maître qui ressent douleur aux souvenirs du passé et vit au gré de ses pas.
Celle de cette jeune fille surdouée à qui l'on va offrir connaissance et avenir non sans accéder aux aléas de la vie d'artiste.
Dans ce jeu d'échanges mutuels, les auteurs tracent comme un pinceau sur une feuille les tourments des protagonistes. Et ce
avec sensibilité et non sensiblerie.
Les être qui se construisent, manquent de se détruire pour mieux renaître, sont attachants.
En tant que maman marmotte, j'ai été particulièrement sensible aux scènes entre maître et élève ( que l'on peut ici
comparer aisément à une relation père-fille ) : cette harmonie entre eux que ni le temps ni la distance n'arrivent jamais à altérer.
Le dessin, bien que par moment incertain, est rattrapé par les dialogues et la colorisation. Comme si chacun supportait l'autre comme nos héros.
Cette balade est une belle leçon d'amour paternel et filial. Certains trouveront l'intrigue lente dans ce monde où le besoin d'effets et de mouvements incessants masquent l'essentiel des relations entre humains et en particulier entre enfant et adulte.

Mais s'y plonger vaut le détour car à la clef apparaît l'espoir.

A noter que cet album a reçu le prix Oecuménique lors du festival bd d'Angoulême cette année.Ce prix a été remis par le Président du Jury, Jean-Pierre Molina, à l'église Saint-Martial d'Angoulême le jeudi 28 janvier 2010.
Mael et Bauza rejoignent donc des auteurs aussi célèbres que Joann Sfar (2003 - Le chat du rabbin) ou Manu Larcenet (2005 - Le combat ordinaire t. 2)


Vous trouverez également un très joli dossier sur cet album à cette adresse : http://www.dupuis.com/FR/divers/L_encre_du_passe.pdf


Retrouvez également les blogs des auteurs:
  • blog mael : http://mael-dessousdetable.blogspot.com/
  • blog bauza : toinito.free.fr/

[Perros-Guirec 2010 : les gagnants] Isabelle

1) Quel est le prix que tu as obtenu au festival ?
Je m'appelle Isabelle Dauphin (nom de jeune fille : Hervagault) et j'ai
remporté le 1er prix au festival BD 2010.

2) Quelles étaient tes aspirations en participant à ce concours ?
Ayant fait une parenthèse de 3 ans pour élever mes deux enfants, je
voulais tester mes capacités graphiques en participant au concours; et voir
ainsi si je n'avais pas trop perdu mon coup de crayon.

3) Quel est ton parcours en tant qu'artiste BD ? As-tu suivi une format spécifique ?
1999/2000 : j'ai remporté le 2e prix du concours BD de Perros-Guirec, ce
qui m'a value d'être contactée par une association de dessinateurs
Lorientaise (Chemin Faisant) et d'intégrer ainsi leur fanzine (Le Cri du
Menhir). Je suis restée 7 ans dans l'association (sous le pseudonyme Zaz) et
c'est là que j'ai "appris" l'art de la BD au contact de personnes passées
maintenant professionnelles dans ce domaine.

2001/2002 : j'ai remporté le 3e prix dans la catégorie "acrylique" du
concours BD de Quai des Bulles à Saint-Malo.

Je n'ai pas de diplômes, ni de formation spécifique dans le domaine
graphique, simplement la passion (depuis toute petite) de raconter des
histoires avec un crayon et des pinceaux.

4) Quel matèriel utilises-tu ? Informatique, aquarelle, gouache, feutre, pinceau, etc ?
Je travaille essentiellement au stylo noir pour les croquis, crayons de
papier et surtout peinture acrylique pour la mise au propre.


5) Gères-tu un site ou un blog BD et quelle est son adresse ?
J'ai deux blogs : http://blog.paquesman.com/isabellehervagault/
http://hervisa.canalblog.com/

6) As-tu des projets en cours et quels sont-ils ? ( un album, devenir professionnel... )
Je me constitue un dossier pour tenter de devenir illustratrice de livres
pour enfants; je suis également tentée par la BD jeunesse.


7) Quel est ton auteur ou ton album préféré, et pourquoi ?
Ma toute 1ère collection BD sont les "Natacha" de Walthéry; sinon j'admire
beaucoup le graphisme de Loisel, Boiscommun et Tiburce Oger.


8) Comment résumerais tu ton univers BD ?
Mon univers graphique, c'est l'imaginaire et le rêve.

MERCI ISABELLE !!

[Perros-Guirec 2010 : les gagnants] Christelle

1) Quel est le prix que tu as obtenu au festival ?
Le 2ème prix

2) Quelles étaient tes aspirations en participant à ce concours ?
Manquant de temps pour vraiment me concentrer sur une réalisation BD, le concours fut un excellent moteur pour enfin travailler!
Le thème médiéval était par ailleurs d'un grand intérêt pour moi car j'ai longtemps étudié cette période.

3) Quel est ton parcours en tant qu'artiste BD ? As-tu suivi une formation spécifique ?
J'ai dessiné avant de parler, c'est à dire que cela fait un bon moment que le dessin est mon mode d'expression! J'ai la chance d'avoir une maman portraitiste qui m'a guidé dans mes premiers traits. J'ai fait, toute petite, les ateliers d'arts plastiques des Beaux Arts de Quimper, puis, on est passé aux choses sérieuses en entamant des vraies études!! C'est à dire, pas du tout dans le dessin!! Malgré mes ambitions de jeune fille : faire des dessins animés! Bon, maintenant, je fais ingénieure... Mais comme le dessin est mon moyen de communiquer ( cf. plus haut), j'ai donc continuer en amateur en passant par des ateliers ( celui de Kkris Mirror à Paris et celui des Coinceurs de Bulles avec JF Miniac)
J'ai participé à des fanzines, publié un recueil de dessins et caricatures en Prépa ( artisanat pur! ) , publié une BD à l'école d'ingé ( photocopie et tout là encore!! ), publié via un éditeur internet des illustrations pour des nouvelles, et participé à l'album collectif des Coinceurs 'Le tour du monde en 80 bulles'.

4) Quel matériel utilises-tu ? Informatique, aquarelle, gouache, feutre, pinceau etç..?
J'aime travailler sur un bon papier, avec de bons crayons et une bonne encre. Malheureusement, trouver le tout est de plus en plus difficile... Bref, je suis ancienne école, mais je passe aussi par l'ordinateur via des outils comme Gimp.

5) Gères-tu un site ou un blog BD et quelle est son adresse ?
J'ai un blog qui malheureusement a du mal à vivre... Va falloir que je fasse un effort : lesmondesdeken.hautetfort.com

Sinon, je m'occupe du blog des coinceurs de bulles :-)

6) As-tu des projets en cours et quels sont-ils ? ( un album, devenir professionnel... )
Trouver du temps pour faire le ménage dans tous les scénarii et autres idées pondues pendant toutes ces années et ayant toute un goût d'inachevé!! Sinon, terminer mes planches pour le prochain album collectif des coinceurs. Je pense rester amateur toute ma vie, mais je ne renonce pas à publier une de mes histoires pour de vrai!!

7) Quel est ton auteur ou ton album préféré, et pourquoi ?
Roger Leloup m'a fait découvrir la BD, donc je pense à lui et Yoko Tsuno tout de suite! C'était mon modèle :-)
Sinon, je n'ai pas d'auteur préféré. Ca bouge tout le temps, le monde de la BD est si varié et si riche! Difficile de m'arrêter sur tel ou ... telle!



8) Comment résumerais tu ton univers BD ?
Historique, varié, sensible.
J'aime les Contes, les récits de vie. Ma passion pour l'Histoire oriente mes choix de lecture vers des albums plutôt de style réaliste, et donc mon style s'en inspire bien évidemment. Mais je ne suis pas hermétique à d'autres univers. J'ai un peu de mal quand même avec les tendances minimalistes et le rough.

[Perros-Guirec 2010 : les gagnants] Philip

1) Quel est le prix que tu as obtenu au festival ?
le "coup de coeur du jury"

2) Quelles étaient tes aspirations en participant à ce concours ?
Gagner, bien sûr, ne serait ce un peu de reconnaissance publique pour mon activité graphique solitaire
M'obliger à dessiner; en effet j'ai par ailleurs un métier plutôt prenant, et même passionnant, à savoir psychiatre. Et je me suis rendu compte que, malgré tout le plaisir que je prends à dessiner,il me faut souvent une contrainte extérieure pour m'y pousser.
Toujours est il que depuis 2008 je participe le plus régulièrement à divers concours "jeunes talents" (angoulême, st malo et perros guirec).


3) Quel est ton parcours en tant qu'artiste BD ? As-tu suivi une format spécifique ?

Né en 1958 en Allemagne, j'étais un gamin passionné de dessin. De dix à seize ans, sous l'influence d'asterix, de tintin & de lucky luke, je ai passé beaucoup de temps à faire de la BD
à partir de 1974. J'ai délaissé le dessin pour la "vraie vie":amour, études, mariage, enfants, travail, divorce, etc;

Cependant, chaque fois que j'avais des soucis, je trouvais du réconfort dans le dessin

En 2000 j'ai pris un congé sabbatique, au cours duquel j'ai fait une BD mi-ludique, mi-pédagogique d'une 60aine de pages sur le thème "qui sommes nous?" (notre corps;notre âme; notre sexualité)

Ces dix dernieres années j'ai réalisé une dizaine de BD plus courtes, certaines en noir et blanc (surtout du noir), d'autres en couleur, la plupart sans paroles.Quelques unes sont si personnelles et violentes, que je ne les montre qu'à des amis avertis; d'autres, surtout depuis 2008 ont été faites pour des concours.

Bref:je suis autodidacte, avec peu ou pas de pratique durant presque trente ans, et je tente de rattraper mon retard ces temps ci.

4) Quel matériel utilises-tu ? Informatique, aquarelle, gouache, feutre, pinceau, etc ?
du materiel "à l'ancienne": crayon,papier,pinceau japonais à encre, pilot, peinture à l'eau


5) Gères-tu un site ou un blog BD et quelle est son adresse ?
pour mon dernier anniversaire mes fils m'ont créé un blog:

http://philippgeissler-comics-bd.over-blog.com/

J'y ai mis sous forme de suites d'images accompagnées de musique choisie les plus "tous publics" parmi mes bd.

6) As-tu des projets en cours et quels sont-ils ? ( un album, devenir professionnel... )
le concours jeunes talents d'angoulême 2011, mais je n'ai pas encore déterminé de thème; je pense à quelque chose autour de l'écologie, à mi chemin entre l'apocalypse selon st jean et donald duck.


7) Quel est ton auteur ou ton album préféré, et pourquoi ?

question très difficile: en un quart d'heure j'ai fait la liste d'une vingtaine d'albums qui m'ont profondément marqués chacun

(que voulez vous, cela fait plus de quarante ans que je suis tombé dans la marmite de la BD)

bizarrement, l'auteur qui me revient en tête, en dans le coeur, encore & toujours le premier, c'est alberto brecchia, un argentin,dont je recommanderais vivement au moins les deux albums suivants: LES MYTHES DE CTHULU et RAPPORT SUR LES AVEUGLES

En effet brecchia sait parler comme personne dans ses images du côté sombre de notre âme.

Je ne résiste pas au plaisir de vous citer en vrac les autres albums de ma liste:

VALENTINA de guido crepax, des histoires en noir et blanc autour d'une fille très belle et libre, histoires qui se passent tout autant dans le monde des rêves (souvent érotiques) que dans la réalité

LES OISEAUX DU MAITRE dans la série VALERIAN & LAURELINE de mezieres et christin, encore un beau cauchemar, cette fois sur une autre planète

L'AGNONE de guido buzelli, toujours du fantastique, mais plus angoissant, car sans espoir

LE BAL DU RAT MORT de j.bucquoy (un scénariste totalement hors norme & génial: résultat on ne trouve ses bd que d'occase) et jf charles.Une enquête très étrange au coeur des ténèbres"

JONAS FINK de vittorio giardino (t 1&2 existent depuis longtemps, t 3 va bientôt sortir), parce que je connais peu de dessinateurs,qui ont poussé la ligne claire réaliste à une telle perfection, et qu'en plus giardino crée des personnages très touchants,loin des stéréotypes, puis les plonge dans la grande Histoire (ici la hongrie des années 50-60)

LE CIEL EST ROUGE SUR LARAMIE, pour moi un des points culminants du Western, et certainement un des meilleur albums de hermann

TINTIN AU PAYS DE L'OR NOIR, de préférence dans la version ou des "terroristes" de l'IRGOUN kidnappent tintin par erreur (c'est le premier tintin que mon papa m'a offert, et pourtant il n'était politiquement pas d'accord)

ASTERIX ET LE CHAUDRON par ce que Asterix & Obelix y sont obligés de gagner de l'argent et vont jusqu'à faire un braquage de banque, génial

LUCKY LUKE ET LA 20IEME DE CAVALLERIE, à cause de la relation très particulière entre un père et un fils qu'on y découvre

MONSTER de Naoki URASAWA, qu'un de mes fils m'a fait découvrir; j'aime surtout qu'au coeur du mystère il y a chez urasawa toujours un livre dans le livre (ici un livre maléfique pour enfants), tout comme chez lovecraft il y a le nécronomicon

WATCHMEN de moore, gibbons & higgins, divine surprise dans l'univers épuisant & épuisé des superhéros

VATER UND SOHN de e o plauen, des histoires sans paroles de la vie quotidienne d'un fils & de son père, que mon père lisait avec le sien

CALVIN & HOBBES de b watterson, là encore à cause du mélange entre rêve et réalité (et surtout parce que peu de BD me font autant rire)

ARZACH de moebius, qui m'a ouvert des horizons nouveaux, hors des mots & du monde, et à qui j'ai piqué un certain oiseau blanc

DELIRIUS de druillet et lob,un univers décadent dépeint sur un mode ultrabaroque

SNATCH COMICS de robert crumb, qui m'ont fait bander dur (et rêver aussi) à 14 ans

POLONIUS de tardi et picoret, juste pour dire que le grand tardi a su faire d'autre chose que des adèle et burma à repetition

PINOCCHIO de winshluss, d'une part parce que mon surnom de toujours est pino, d'autre part, parce que le mélange d'humour & de désespoir, sans un mot, sont très proche de ma façon de voir

tiens, il me vient encore BERLIN de jason lutes, une belle et triste histoire autour d'une jeune dessinatrice qui arrive dans la capitale allemande à la fin des années vingt (peut être parce que ma grande fille a passé des années à berlin et rêve d'y retourner)


8) Comment résumerais tu ton univers BD ?
rêves et cauchemars; humour, souvent noir, ou encore "doux-amer";mises en images de chansons et poèmes;considérations philosophico-ludiques le tout avec des connotations autobiographiques sous-jacentes


9) Si possible, peux tu nous transmettre une image, une case de planche, une planche, représentative de ton travail ?

la BD "troubadours et chevaliers"; j'y ai rajouté deux autres images, dont on peut trouver une sur mon blog,

tandis que l'autre, en noir et blanc, fait partie d'un travail qui n'est regardable que par un public "averti"

MERCI Philip Geissler!!

[Perros-Guirec 2010 : les gagnants] Florian

1) Quel est le prix que tu as obtenu au festival ?
Le prix du scénario

2) Quelles étaient tes aspirations en participant à ce concours ?
Ce concours a été pour moins l'occasion de réfléchir à un thème imposé, et voir ce que je pouvais en produire... C'était finalement la première fois que je m'essayais à ce type d'exercice, et je dois dire que j'ai pris beaucoup de plaisir à ça. Mais bon, ce concours a surtout été un prétexte pour assouvir ma passion sans attente aucune, juste pour le fun...


3) Quel est ton parcours en tant qu'artiste BD ? As-tu suivi une formation
spécifique ?
Cursus classique, gribouillages dans les marges de mes cahiers d'école jusqu'en terminale, puis j'ai commencé à réaliser des logos pour des associations, des caricatures, etc. Mais je reste qu'un artiste amateur pour qui la bédé est une passion, même si mon métier me permet de côtoyer régulièrement des auteurs professionnels!

4) Quel matériel utilises-tu ? Informatique, aquarelle, gouache, feutre, pinceau
etç..?
Pour ce concours , j'ai pris le parti de rester dans la tradition manga en utilisant des trames pour mettre en lumière les planches... Pas forcément une excellente idée puisque de chez moi à Perros guirrec, la moitié des trames se sont faite la malle... Arf ! Sinon j'utilise beaucoup l'ordi pour la couleur, même si j'adore l'aquarelle que je ne maîtrise pas trop...

5) Gères-tu un site ou un blog BD et quelle est son adresse ?
J'ai une page facebook que vous pouvez rejoindre en tapant Flo.From.NYC sur le site du même nom.

6) As-tu des projets en cours et quels sont-ils ? ( un album, devenir professionnel... )
Je n'ai pas particulièrement de projet en cours même si j'ai un vieux rêve d'éditer un livre un jour. La bédé est pour moi une passion et je n'ai jamais songé à en faire mon métier. je gribouille, je me fais plaisir, je dessine à droite à gauche et peut être qu'un jour, je verrai une opportunité de ... :-)

7) Quel est ton auteur ou ton album préféré, et pourquoi ?
J'aime beaucoup les auteurs qui savent implanter des univers dans les bd... Je suis un grand fan d'Akira Toryama qui m'a beaucoup inspiré et qui m'inspire encore... Tout ce que j'aime dans la bédé y est : des dessins justes, l'humour absurde, des univers riches.
Dans un autre style, je découvre en ce moment la biblio du scénariste Mark Millar : c'est un génie tout simplement!
Dans nos vertes contrées, j'aime le style graphique de Mo CDM et j'ai été charmé par la Mamette de Nob ...
En bref je lis beaucoup de choses, très différentes les unes des autres...

8) Comment résumerais tu ton univers BD ?
Coloré et loufoque ! ?!

9) Si possible, peux tu nous transmettre une image, une case de planche, une
planche, représentative de ton travail ?

L'illusionniste

Après son succès des Triplettes de Belleville en 2003, Sylvain Chomet a choisi de réaliser un nouveau film d’animation.
Héritier de Jacques Tatichef,il a adapté son nouveau film à partir d’un scénario du cinéaste, "L'Illusionniste",écrit entre 1956 et 1959, qui n’a jamais été tourné.

Petite description/Commentaire sur ce film d’animation original, sorti en salles
françaises le 16 juin dernier.


Telle une pièce de Jérôme Deschamps, le film est sans paroles ou presque. Ce sont les sons, les couleurs, les gestes, les objets, la ville et même le paysage qui prennent autant d‘importance qu’un personnage. En fait, ce film devient semble être traité à la manière de «Tati».

On y retrouve ce souci du détail qui rend la scène «vraie»… Cette manière de traiter chaque élément, l’histoire, où les personnages agissent de façon ambigüe mais suffisamment saisissable par chacun de nous. Chaque élément est interprétable de manière différente.

C’est ce qui faisait d’ailleurs la force des 6 films de Tatichef : chacun d’entre nous pouvait s’identifier aux personnages, les comprendre, les suivre, s’embarquer avec eux dans l’aventure.

Le réalisateur a su marier le trait de dessin qui lui est propre ; ce style qui semble être "à main levée", spontané, presque incontrôlé, mélangé à de l’animation 3D qui a marqué ses succès précédents. En effet, les deux films sont proches par le traitement graphique et celui du son. Le langage, des décors, des paroles ou des couleurs marquent beaucoup cette ambiance légère et fugace. Il y a une progression majeure entre les deux films, sans doute liée au sujet traité.
Si l’ambiance est caricaturale, sombre, brutale et tragique dans l’aventure des triplettes, "L’illusionniste" et une histoire plus légère, réaliste et touchante.


Un homme vieillissant, magicien de son état vit une phase de déclin. Il quitte alors Paris pour tenter sa chance à travers l’Angleterre des années 1950. Son infortune avec le public le pousse alors jusqu’aux terres les plus reculées de l’Ecosse. Il rencontre alors une population et une jeune fille émerveillées par l’arrivée de la technologie et l’électricité sur leur île. Les deux personnes partent ensembles vers Edimburg afin de lui faire découvrir la vie de la grande ville.

Le film parvient à nous faire partager le caractère de l’Ecosse, aux montagnes terreuses qui changent de couleur en permanence. Une caractéristique de ces Paysages changeants. Le changement : ce film est sur le changement.



Des personnages d’abord, avec "L’illusionniste" lui même qui abandonne sa vie d’artiste. Qui abandonne ses illusions sur la place de la magie , du rêve, pour rentrer dans le calme insouciant de la vie de retraite. Alice, la jeune fille qui abandonne son pays et l’insouciance de son enfance pour découvrir les joies complexes de la vie d’adulte et de la ville. L’écosse profonde ensuite, qui
accepte doucement la modernisation des années 1950. Le monde du spectacle enfin, qui délaisse les vieux spectacles du music hall et du cirque, au profit des célébrités des médias, de la culture moderne et de masse.
Des destins se croisent, à leurs débuts et à leurs fins. Les deux personnages se rencontrent, par hasard, recherchent chacun une nouvelle vie, choisissent de faire un bout de chemin ensembles. Ils se soutiennent mutuellement,puis se quittent. Alice met fin a son enfance en découvrant l’amour. L’illusionniste met fin à sa carrière en abandonnant son lapin et ses illusions. Il quitte la
vie active en arrêtant définitivement son idée sur la place de l’artiste dans la société.


Cette poésie légère n’est pas un film de « Mr Hulot». Il est plus complexe. Deux personnages se rencontrent, s’aident mutuellement ensemble puis se quittent. L’histoire est en somme très simple. Cependant la symbolique humaine est riche. Chacun des personnages rencontrés se confrontent au moins une fois à lui même. Cet illusionniste n’est qu’autre que Jacques Tatichef face à luimême et sa vieillesse. Il se bat contre son art, peu compris par un public exigeant. C’est une silhouette de dessin animé, d’un homme élégant, mais toujours émerveillé par ce qui l’entoure,souvent surprise,égarée.

Sur scène, l’homme devient acteur. Ce «Mr Hulot» à la démarche instable et maladroite, toujours trop penchée en avant ou en arrière, jamais fixe. Est-ce une illustration de la vie? Jamais arrêtée, émaillée de projets d’avenir et de souvenirs? Ce personnage prévenant et maladroit résume aussi l’ambiance de ce film: brumeuse, fugace, insaisissable, telle est la vie, toujours en marche, où le présent surgit, s’évanouit aussi vite qu’il est venu, puis cède la place au moment suivant. Les personnages apparaissent, s’évanouissent puis ressurgissent dans des plans dessinés en cadrage en plan général ou d’ensemble sans de gros plans. Une ambiance de pièce de théâtre donc pour un film qui traite la vie comme telle.Des ambiances de rue, de voyage, de train,où fourmillent des actions et détails, un jeu de piste, c’est à chacun de nous de remarquer l‘élément qui nous semble pertinent. Il faut le chercher pour le comprendre.




Un film très poétique donc et philosophique donc, préparé avec un très grand soin par ce Cinéaste et dessinateur de BDs, qui a aussi plusieurs ouvrages dessinés à son actif. Rappelons pour l’anecdote que si le cinéaste françaisa si bien dessiné la ville d’Edimburg c’est parce qu’il y a installé ses a studios depuis quatre ans.

Agénor le Ruyer

Œuvres de Sylvain Chomet:

Bandes Dessinées

  • Le secret des libellules, 1986.

  • Bug-Jargal, 1986.

  • Le pont dans la vase - Tome 1 : l'anguille, 1993.

  • Léon la came - Tome 1, 1995.

  • Le pont dans la vase - Tome 2 : Orlandus, 1995.

  • Léon la came - Tome 2 : Laid, pauvre et malade, 1997.

  • Le pont dans la vase - Tome 3 : Malocchio, 1998.

  • Léon la came - Tome 3 : Priez pour nous, 1998.

  • Le pont dans la vase - Tome 4 : Barthélemy, 2003.

Films :

  • 1990 : Ça va, ça va (vidéo clip pour le
    groupe vocal TSF)