Mattéo par Franck

Laissez passer la couverture qui nous présente une anicroche inhabituelle dans la façon de travailler de Jean Pierre Gibrat ( voir l’oreille de la demoiselle ) pour vous fondre dans cet ouvrage qui contraste de par sa beauté picturale avec l’horreur du contexte historique .

Une période pas si lointaine, début de la « Grande Guerre », la France du sud et son acceng, le héros, plutôt anti, d’origine espagnole et d’une hérédité pacifiste, erre entre une semi-tolérance des autochtones à l’égard de la présence ibérique et ses sentiments dirigés vers une demoiselle dont le coeur balance...



Ainsi posé, le récit tend à démontrer de nouveau le talent de l’auteur à nous projeter dans de grands évènements d’une manière intimiste, au travers de personnages de simple apparence mais on ne peut plus charismatiques.




En outre la délicatesse du trait et du scénario nous amène tranquillement à une réflexion philosophique sur la bêtise générale et intemporelle, celle des hommes politiques, celle de leurs électeurs, celle des généraux, celle de la collectivité et du patriotisme, ainsi que celle individuelle si aisément justifiée par les sentiments.


Voilà donc une fable intelligente qui devrait satisfaire la plupart des lecteurs, y compris ceux qui n’y verraient que l’intérêt technique de la virtuosité artistique de M. Gibrat, bref de quoi illuminer votre étagère BD !..


Si vous voulez découvrir quelques planches : http://www.lexpress.fr/culture/planches-bd.asp